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Claudio Monteverdi, Vêpres de la Vierge
(Vespro della Beata Vergine)
novembre 2025
En 1610 Claudio Monteverdi a quarante-trois ans. Né à Crémone, il est, depuis vingt ans musicien puis maître de chapelle à la cour de Vincent Gonzague, le duc de Mantoue. Il a déjà publié cinq livres de madrigaux, composé deux opéras : Orfeo et Arianna, qui l'ont déjà célèbre dans l'Europe musicale. Mais il se lasse de la cour de Mantoue et fait l'objet depuis quelques années des attaques d'Artusi, défenseur obstiné des règles polyphoniques de la « prima prattica ».
C'est donc vers le Pape Paul V lui-même qu'il se tourne, pour lui offrir en personne une double composition visant à obtenir une reconnaissance magistrale de son art auprès des plus hautes autorités religieuses :
Monteverdi espère non seulement faire taire « les bouches injustes » mais surtout trouver un emploi et, pour son fils aîné, une place au séminaire romain. Ces deux objectifs ne seront pas atteints. Même si sa musique est acceptée plus pour le classicisme de la Messe que pour la modernité des Vêpres. Et Claudio Monteverdi s'en retourne à Mantoue. Pour peu de temps puisqu'il devient en 1613 le maître de chapelle de la Basilique Saint Marc à Venise. C'est dans cette fonction prestigieuse que, de son propre aveu, il passera les années les plus heureuses de son existence.
Les Vêpres, dont on ne sait si elles ont jamais été interprétées dans leur ensemble à cette époque, sont constituées de cinq psaumes, un hymne : Ave Maris Stella et un cantique : le Magnificat. Le compositeur introduit entre chacune de ces parties de la célébration liturgique des petits concerts chantés par des solistes.
Pour Philippe Beaussant, nous avons là « une sorte d’encyclopédie de la musique sacrée à l'aube du XVIIe siècle. Tous les styles s'y croisent : vastes psaumes à six, sept, huit ou même dix voix en deux chœurs ; antiennes pour un, deux ou trois solistes ; pages virtuoses et méditations sur phrases de plain-chant grégorien ; monodies récitatives, sonates pour huit instruments ; somptueux appareil instrumental ou basse continue seule ».